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| Dhondup Wangchen arrêté |
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Dhondup Wangchen, auteur du film documentaire Leaving fear behind, a été arrêté et torturé. Son procès est imminent.Amnesty international lance un appel urgent qui est relayé aussi par les Amis du Tibet, Luxembourg.Nous vous serions donc reconnaissants d'écrire avant le 28 août au Premier ministre chinois, au ministre de la justice et au directeur du bureau de la justice de la "région autonome du Tibet". |
| Les incidents à Lhassa |
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ARTICLES du MONDE du 18 mars 2008 Le dalaï-lama envisage de quitter ses fonctions si la situation dégénère au Tibet LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.03.08 | 08h28 • Mis à jour le 18.03.08 | 11h38 Après avoir été accusé par le gouvernement chinois d'être à l'origine des incidents qui ont lieu au Tibet, le dalaï-lama a assuré, mardi 18 mars, qu'il n'avait aucune prise sur la situation sur place et qu'il n'excluait pas de quitter ses fonctions si la situation se dégrade davantage. "Si les choses échappent à tout contrôle, alors la seule solution pour moi sera de démissionner", a-t-il déclaré devant des journalistes à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il vit en exil depuis 1959. Le leader spirituel des bouddhistes tibétains a également appelé ses compatriotes au calme, condamnant la violence et estimant que Tibétains et Chinois doivent vivre "côte à côte". "Nous ne devrions pas développer des sentiments antichinois. Nous devons bâtir de bonnes relations", a-t-il ajouté. Il a rappelé que l'indépendance du territoire himalayen n'était "pas à l'ordre du jour". A plusieurs reprises, le leader tibétain a prôné une autonomie culturelle de son pays par rapport à Pékin, qualifiée d'autonomie de la "voie moyenne". "ILS VOULAIENT SABOTER LES JO DE PÉKIN" Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, avait, mardi matin, accusé le dalaï-lama d'être à l'origine des "incidents horribles de Lhassa", soutenant que Pékin est en possession de "preuves" qu'ils "ont été organisés, prémédités, dirigés et incités par la clique" du leader tibétain. "Cela montre que la revendication de la clique du dalaï-lama de ne 'pas rechercher l'indépendance et de vouloir un dialogue pacifique' est un mensonge", a argumenté le dirigeant chinois à la clôture d'une session du Parlement. "Prétendre que le gouvernement chinois mène un génocide culturel n'est rien d'autre qu'un mensonge sournois", a répondu Wen Jiabao. "Si le dalaï-lama renonce à l'indépendance et reconnnaît que le Tibet est une partie inaliénable de la Chine, comme Taïwan, alors notre porte est grande ouverte pour un dialogue avec lui", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a par ailleurs reconnu pour la première fois que la contestation tibétaine s'est propagée à des provinces chinoises limitrophes du Tibet – Qinghai, Gansu et Sichuan – où vivent des minorités tibétaines. LES NATIONS OCCIDENTALES N'APPELLENT PAS AU BOYCOTT DES JO Près de cinq mois avant l'ouverture des Jeux olympiques à Pékin, le gouvernement chinois n'a pas hésité à voir dans la crise actuelle au Tibet une tentative de déstabilisation à l'encontre des organisateurs. Pour Wen Jiabao, "l'objectif épouvantable" des manifestants tibétains ne fait pas de doute : "Ils voulaient saboter les Jeux olympiques de Pékin", a-t-il martelé. Les nations occidentales ont appelé Pékin à faire preuve de retenue mais, selon le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, nul gouvernement n'a appelé au boycott des Jeux. Selon un bilan officiel des autorités chinoises, les émeutes ont fait treize morts, des "civils innocents" selon Pékin. Les Tibétains en exil évoquent les chiffres de 80 à 100 morts dans ces affrontements. Les autorités régionales avaient donné jusqu'à lundi minuit aux meneurs des manifestations pour se livrer à la police sous peine de s'exposer à des "sanctions sévères". L'ultimatum est passé sans que l'on sache si les opérations se poursuivent à Lhassa car aucun média étranger n'est habilité à entrer au Tibet. "Nous allons étudier la possibilité pour les médias étrangers de se rendre sur place pour constater la situation", a laissé entendre M. Jiabao, sans donner davantage de précisions. Marie Holzmann, sinologue et porte-parole du Collectif Chine JO 2008 "Les Tibétains savent que c'est maintenant ou jamais qu'il faut se faire entendre" LEMONDE.FR | 17.03.08 | 20h05 • Mis à jour le 17.03.08 | 20h13 Marie Holzmann est sinologue et spécialiste de la société chinoise contemporaine. Pour cette porte-parole du Collectif Chine JO 2008, qui regroupe une dizaine d'associations dont Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme et Reporters sans frontières, seule une pression internationale forte sur la Chine en provenance d'institutions comme les Nations unies ou l'Organisation mondiale du commerce permettrait de sortir de l'impasse politique au Tibet. Que demandent les manifestants tibétains de Lhassa ? D'après les images un peu confuses diffusées à la télévision et d'après les informations que nous avons en provenance du Tibet, nous sommes face à un mouvement quasi insurrectionnel. Au départ, c'est la commémoration de l'arrivée des troupes chinoises au Tibet en 1959 qui a déclenché la manifestation. Ces commémorations ont lieu tous les ans. En 1988, elles avaient été très violentes et s'étaient terminées par l'imposition de la loi martiale. En 1989, les autorités chinoises y avaient répondu par une répression féroce. Nous avons peu d'informations sur ce qui a provoqué l'escalade cette année. Ma sensation, c'est que les Tibétains se sont dit : si on ne s'exprime pas cette année en 2008, avant les Jeux olympiques, on ne va jamais être entendus. C'est une stratégie à double tranchant. D'un côté, c'est le moment béni pour se faire entendre, parce que la communauté internationale n'a jamais été aussi attentive à ce qui se passe en Chine. Mais d'un autre côté, c'est le moment où le gouvernement chinois est le plus nerveux et hésitera le moins à réprimer violemment pour que cela s'arrête le plus vite possible. Ces manifestations montrent l'ampleur du désespoir des Tibétains, qui savent que c'est maintenant ou jamais. Quelles sont les relations actuelles entre Pékin et le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala ? La Chine peut-elle infléchir sa position vis-à-vis du Tibet ? Nous sommes face à un dialogue de sourds. Depuis plus de vingt ans, le dalaï-lama répète qu'il ne demande pas l'indépendance, mais l'autonomie. Et à chaque fois, les autorités chinoises répondent : "Nous ne pouvons pas recevoir le dalaï-lama car il réclame l'indépendance." C'est proprement surréaliste. Les Chinois font semblant de ne pas entendre ce que dit le dalaï-lama. Les relations "diplomatiques" ont repris en 2002, et il y a eu de nouveaux pourparlers, non pas avec le dalaï-lama, qui n'est toujours pas autorisé à rentrer en Chine, mais avec des membres de sa famille et avec des ministres du gouvernement en exil. Mais tant que le gouvernement chinois accusera les Tibétains de vouloir la sécession, les choses ne pourront pas bouger. Qu'est-ce qui pourrait débloquer la situation ? La seule chose qui pourrait débloquer la situation serait une unité politique mondiale et cohérente de l'ensemble des nations démocratiques, ou du Conseil de sécurité de l'ONU, ou encore d'un organisme international comme l'OMC. S'il n'y a pas une pression qui s'exerce fortement au niveau international sur la Chine, la situation peut rester telle quelle pendant encore cinquante ans. C'est le jeu du gouvernement chinois que de faire traîner la situation aussi longtemps que possible, de façon à garder la mainmise totale sur cette région pseudo-autonome. Le boycottage des Jeux olympiques reste-t-il un moyen de pression efficace, bien que le dalaï-lama s'y soit opposé ? Si la demande est formulée clairement, pourquoi pas ? Le boycottage des Jeux olympiques serait un outil très puissant s'il est très bien ciblé. Mais j'imagine mal le CIO ou les sportifs s'organiser pour formuler des demandes politiques. Ce n'est pas tout à fait leur rôle. C'est un problème qui relève des Etats, et c'est à eux d'assumer leur responsabilité. Les manifestations tibétaines commencent à se répandre dans d'autres provinces limitrophes, comme le Gansu, le Sichuan ou le Qinghai. Peut-on s'attendre à un embrasement régional ? La région autonome du Tibet administrative, telle qu'elle est définie par les Chinois, ne correspond pas du tout à la superficie du Tibet historique, telle qu'elle est définie par les Tibétains. On trouve des ethnies tibétaines qui vivent dans toutes ces provinces de Chine – Qinghai, Gansu et Sichuan – donc loin, très loin même, des limites administratives du Tibet. D'un côté, ça ne peut qu'embarrasser terriblement le gouvernement chinois de se trouver en face d'un tel soulèvement quelques mois seulement avant l'ouverture des JO. Mais d'un autre, je ne suis pas sûre que ces protestations aient un effet. Les Tibétains sont tellement minoritaires dans leur région par rapport aux Hans [ethnie majoritaire en Chine], ils sont dans une telle position de faiblesse par rapport à l'armée chinoise, que je vois mal comment ils pourraient échapper à une répression musclée. Propos recueillis par Mathilde Gérard |