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Le Nouvel An tibétain

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2005 (2132): année ‘bois-oiseau’

 

Selon le calendrier tibétain reposant sur un cycle lunaire de 60 ans (qui a débuté 1027 avant J.C.), nous entrerons le mercredi 9 février 2005 (nouvelle lune) dans l’année 2132 ou l’année ‘oiseau de bois’.

Le cycle lunaire combine 12 animaux avec 5 éléments naturels. Les ‘douze animaux’ sont la souris, le bœuf, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, le mouton, le singe, l’oiseau, le chien et le porc. Les ‘cinq éléments’ sont l’eau, le bois, le feu, la terre et le fer. Un animal est utilisé pour une année, un élément pour deux années consécutives. A titre d’exemple, voici les signes qui ont déterminé les 10 dernières années du calendrier tibétain:

1995 bois-porc  

1996 feu-rat  

1997 feu-boeuf  

1998 terre-tigre  

1999 terre-lièvre  

2000 fer-dragon

2001 fer-serpent

2002 eau-cheval

2003 eau-brebis

2004 bois-singe

2005: bois-oiseau

En fonction du lien entre les animaux et les éléments, on en déduit une cohabitation (et donc une année) plus ou moins réussie ou au contraire une année conflictuelle. Ainsi il y a antagonisme entre le rat et le cheval, le lièvre et l’oiseau, le serpent et le porc. L’eau, le bois, le feu, la terre, le fer, ont des rapports filiaux - l’eau est la mère du bois car le bois ne croît pas sans l’eau - ou amicaux, entre l’eau et le feu, car le feu chauffe l’eau, ou d’hostilité - la terre est ennemie de l’eau, car la terre endigue l’eau…En principe, l’oiseau et le bois vont plutôt bien ensemble, ce qui est d’assez bonne augure pour l’année 2132...

Comment les Tibétains fêtent-ils le 'Losar', leur Nouvel An? Par des cérémonies, des contemplations et des fêtes préparées des mois à l’avance et qui peuvent durer une quinzaine de jours. C’est dans la joie qu’ils disent au revoir à l’année écoulée et saluent celle qui commence. Le ‘Losar’ annonce le renouveau de la nature et de la spiritualité.

Le 29ème jour du 12ème mois, les fêtes commencent par une grande collecte de tout ce qui est considéré comme étant impur dans les maisons : vieux linges, suie des cheminées, etc. Tout est déposé à l'extérieur des maisons qui sont nettoyées afin que les mauvais esprits s’en retirent. Les maîtresses de maison préparent la ‘gutuk’ (soupe du 29e jour) et des ‘khapse’ (beignets) dans lesquels elles placent des symboles divinatoires et des prophéties pour que l'année se déroule sous de bons auspices. Cette soupe est composée de boulettes de farine de blé, de viande et de radis. Certaines boulettes seront farcies avec des symboles, p.ex. un caillou blanc, de la laine ou du charbon, etc. Le caillou blanc reflète une pensée pure, positive et à conserver pour la nouvelle année. La laine a un caractère lent et doux, mais tout ce qui est lenteur est à rejeter pour cette nouvelle année, la douceur est à conserver. Le charbon signifie la pensée noire et négative: il faut rejeter cette facette pour la nouvelle année. Les moines fabriquent des pyramides faites de beurre et de bois qui sont brûlées pour chasser les démons et purifier les lieux et les esprits.

Le jour du ‘Losar’, très tôt le matin, des pétards annoncent le début de la journée qui sera longue et animée. Après avoir cherché la première eau de l'année en pleine nuit sans lune, les familles se souhaitent la bonne année, de maison en maison en offrant des ‘katas’ (écharpes blanches) en signe de bienvenue et de respect. Hommes et femmes jettent en l'air de la farine d'orge en criant ‘Lho Gyal Ho’ (que les dieux soient avec vous). Sur les toits des maisons et les lieux de prières, des drapeaux de prières neufs sont placés pour que l'année commence sous les meilleurs auspices ; les anciens sont brûlés. Le reste de la journée est consacré aux prières, pour souhaiter longue vie au Dalaï-Lama.