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Alexandra David-Néel
En avril 1924, Alexandra David-Néel quitte Lhassa, la capitale interdite du Tibet, aussi discrètement qu'elle y est entrée trois années auparavant, en compagnie de Yongden, son inséparable cuisinier, porteur, traducteur et conseiller. Dans sa dernière lettre avant son retour en Europe, elle écrit à son mari: "Je suis une sauvage, j'adore ma tente, mes chevaux et le désert." Orientaliste, philosophe, écrivain et aventurière, Alexandra David-Néel est née à Paris en 1868. Elle étudie à la Sorbonne et à l'Institut des langues orientales. Pendant quelques années, elle est même chanteuse d'opéra. Petite (1,56 m), mais corpulente et d'une volonté hors du commun, elle décide, anarchiste à sa manière, de rompre avec les conventions et de transformer son rêve en réalité, d'explorer l'extrême, en l'occurrence l'Asie centrale et surtout le Tibet, "un pays différent de tous les autres". Pendant près de trente ans, elle va silonner l'Inde, le Sikhim, le Tibet, et plus tard le Japon, la Corée et la Chine. Au début des années vingt, à une époque où même un homme n'aurait pas osé telle aventure, déguisée en mendiante, elle est la première "femme blanche" européenne à entrer dans Lhassa, la "cité interdite", le lieu de résidence du Dalaï-Lama. Elle s'y initiera aux pratiques ésotériques du bouddhisme tibétain et sera consacrée lama. En tout et pour tout, Alexandra David-Néel séjournera une douzaine d'années au Tibet. En 1969, elle meurt à l'âge de 101 ans, au terme d'une biographie hors du commun qui aura embrassé le centenaire qui sépare les premiers cycles des premiers pas de l'Homme sur la lune.
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